Histoire
Découverte de l’île
Christophe Colomb découvre l’ile en 1493. II la baptise du nom de son bateau Maria Galanda, elle devient Marie Galante.
L’île couvre 149 km. Elle est circulaire, de formation calcaire. Elle est relevée vers l’est, l’altitude maximum est 204 mètres.
Premiers moulins
Le premier moulin à sucre fut créé en 1664.
L’implantation des moulins se poursuivit pour atteindre le nombre de 106. Il s’agissait d’habitation-sucreries qui exploitaient une surface de canne d’environ 100 ha et produisaient de 50 à 100 tonnes de sucre par campagne.
Ceux sont des Hollandais, chassés du Brésil par les Portugais, qui ont appris aux colons français de Marie Galante à fabriquer le sucre vers 1654.
Au XVII siècle, un prêtre français, le père Labat, installé à la Martinique améliore le procédé de fabrication du sucre.
Il invente le système des quatre chaudières qui permet une meilleures qualité. Ce père Labat a obtenu une forte notoriété et un Rhum de Marie Galante, produit à la distillerie Poisson, porte son nom.
Au milieu du XIX siècle, la révolution industrielle permet de construire des usines actionnées par la vapeur, les habitations-usines sont sur le déclin.
En 1893, les derniers moulins à vent actionnant les usines du modèle « Père Labat » disparaissent.
Le dernier moulin à sucre en activité sur l’île sera celui de Pirogue qui fermera en 1902.
Quelques moulins produisant du Rhum continueront à tourner. Le cyclone de 1928 les détruira presque tous.
Le dernier survivant, celui de Grand-Pierre fonctionnera jusqu’en 1941.
Usine de Grande Anse
L’usine de Grande Anse a été construite en 1845 par la Compagnie des Antilles.
L’usine est équipée de matériel Cail, le plus moderne et le plus performant de l’époque. Mr Cail, fils de paysan était devenu un grand industriel. Les Etablissements Cail étaient connus dans le monde entier.
Pour la première campagne, l’usine traite 4 500 t de cannes fournies par quatre habitations et produit 400 tonnes de sucre.
En 1863, elle est rachetée par le Vicomte Alexandre de Retz, dont il était locataire depuis 10 ans.
Après la mort d’Alexandre, en 1873, les héritiers de Retz créent la société familiale H de Retz et Compagnie.
En 1903, la structure judiciaire de l’usine change et devient une Société Anonyme « La S.A. Grand’Anse ». En 1910, la S.A. Grand’Anse est rachetée par André de Retz et ce dernier crée la Société sucrière de l’usine de Grand’Anse.
En 1925, la famille de Retz quitte Marie Galante pour se retirer à Bordeaux et confie la gérance des habitations et de l’usine à André Bon, petit-fils d’Etienne Bon ancien employé de la société Fives-Cail ayant participé au montage de l’usine, en 1844.
En 1959, après le rachat de toutes les parts du capital social des héritiers de Retz, André Bon devient l’unique propriétaire de l’usine de Grand’Anse.
Le 11 août 1963, la Société d’équipement de Guadeloupe (SODEG) rachète l’usine Grand’Anse. Le 8 décembre 1964, l’usine Grand’Anse devient la première société d’économie mixte de la Caraïbe, la société de Marie Galante (SOSUMAG).
Puis en 1996, l’usine est rachetée par la Société Sucrière d’Erstein, en Alsace, qui crée la société la S.A. des Sucreries et Rhumeries de Marie Galante. Elle est la plus ancienne des Antilles Françaises, 176 ans d’âge en 2012.
En 2007, la société sucrière d’Erstein fusionne avec le groupe sucrier coopératif Cristal-Union.
La répartition du capital est :
| SICAMA (planteurs) | 46, 3 % |
| Cristal Union | 34,9 % |
| COFEPP | 18,8 % |
En 2010, Cristal-Union sort du capital.
La répartition du capital devient :
| SICAMA (planteurs) | 46,3 % |
| COFEPP | 53,7 % |
La sucrerie de Marie Galante est la plus ancienne sucrerie des Antilles Françaises.
L’outil industriel en 2026
L’outil industriel est composé d’une sucrerie et d’une distillerie de mélasse avec le site de Grande Anse concernant l’usine et le site de Folle Anse concernant le stockage du sucre export et de la mélasse :
Site de Grande Anse :
- Cour à cannes :
- Deux balances de réception des cannes
- Un portique avec un pont roulant pour le stockage des cannes longues pour le fonctionnement de nuit
- Une table d’alimentation pour cannes longues
- Une table d’alimentation pour cannes machine
- Une table d’alimentation mixte cannes longues / cannes machine
- Atelier de broyage :
- Une chaîne à cannes de 60 pouces
- Un niveleur de cannes
- Un Shredder Sullivan (FCB) équipé d’une turbine à vapeur de 1 000 kW
- Un séparateur magnétique
- Quatre moulins Fives C46 modifiés quatre rolls de 60 pouces chacun entraînés en tandem
- Deux turbines à vapeur de 750 kW chacune
- Deux réducteurs grande vitesse
- Deux réducteurs petite vitesse
- Quatre roues d’entraînement
- Quatre accouplements type Tail-Bar
- Quatre chutes Donelly
- Trois élévateurs
- Cinq pompes à jus
- Filtre rotatif du jus vert
- Chaîne à bagasse sortie moulins
- Production de vapeur :
- Chaîne à bagasse élévatrice
- Trois trémies sous la chaîne à bagasse élévatrice pour récupérer la folle bagasse
- Une chaîne à bagasse distributrice
- Un générateur de vapeur BR2 de 1987
- Un générateur de vapeur Stein
- Production d’électricité :
- Un turbo alternateur Breguet de 1956
- Un turbo alternateur Rateau de 1960
- Un transformateur EDF
- Une armoire TGBT
- Epuration des jus :
- Un bac de préparation de lait de chaux
- Deux bacs chauleurs des jus vert
- Quatre réchauffeurs à jus
- Un clarificateur (décanteurs à jus)
- Un filtre à boue rotatif sous vide
- Une pompe à vide
- Un filtre à jus clair
- Un bac à jus clair avant évaporation
- Pompes à jus
- Evaporation à quatre effets sous vide :
- Un réchauffeur à jus clair avant évaporation
- 1er effet : deux corps 1A + 1B
- 2ème effet : un corps
- 3ème effet : un corps
- 4ème effet : un corps
- Un condenseur
- Une pompe à eau froide
- Un bac à sirop
- Pompes à sirop
- Cristallisation :
- Cinq appareils à cuire sous vide
- Cinq condenseurs
- Pompes à eau froide
- Deux malaxeurs inox pour cuite A
- Trois malaxeurs inox pour cuite B
- Six malaxeurs acier noir pour cuite C
- Un malaxeur sous vide pour pied de cuite
- Un malaxeur à magma
- Pompes à sirop, à égouts, à magma, à masse cuite
- Centrifugation :
- Deux centrifugeuses automatiques FCB D412 pour cuite A
- Une centrifugeuse continue FCB 1250 pour cuite B
- Une centrifugeuse continue BMA K3080 pour cuite B
- Deux centrifugeuses continues FCB 1250 pour cuite C
- Séchage et stockage sucre :
- Un sécheur à sucre
- Deux élévateurs à sucre
- Quatre trémies à sucre
- Une unité d’ensachage en sacs de 50 kg
- Une unité d’ensachage en big-bag d’une tonne
- Stockage mélasse :
- Une cuve à mélasse
- Distillerie :
- Une unité de dilution de mélasse
- Huit cuves de fermentation
- Une colonne à distiller avec ses satellites
- Deux cuves journalières
- Cinq cuves de stockage de rhum dans une enceinte sous rétention
- Une évaporation de vinasse
- Sécurité incendie
- Une cuve d’eau d’incendie
- Une motopompe
- Canons à mousse
- RIA
Site de Folle Anse :
- Stockage sucre :
- Un silo horizontal capacité 7 000 tonnes
- Un élévateur à sucre
- Deux bandes transporteuses
- Une tour de chargement du sucre export
- Quai sucrier
- Stockage mélasse :
- Deux cuves
- Pompes
- Pipe line
Les hommes et les femmes
La SRMG emploie 40 salariés permanents et 125 salariés saisonniers pendant la campagne sucrière.
En équivalent temps plein, SRMG emploie 86 personnes.
La grande majorité des acteurs de cette entreprise sont des Marie Galantais. La double insularité impose à chacun une double compétence pour les métiers de campagne et d’intercampagne.