La filière canne-sucre de Guadeloupe fait face à trois défis majeurs pour préserver sa compétitivité et assurer sa pérennité : professionnaliser ses exploitations, accroître ses volumes (rendements et surfaces) et valoriser ses sucres via des gammes haut de gamme, bio et labellisées IGP. Cet article détaille ces trois défis et les actions clés pour y répondre.
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Enjeu n°1 : Professionnalisation des agriculteurs :
Pourquoi ?
Pour leur propre compétitivité, pour garantir leur trésorerie, les producteurs de canne n’ont d’autre choix que de tendre vers l’excellence.
Comment ?
- Formation initiale & Formation continue ;
En 10 ans le nombre de producteurs de canne titulaires d’un diplôme agricole a doublé (Agreste, RA 2020). Cependant, la filière gagnerait à attirer les jeunes de formation agricole afin de professionnaliser la culture de la canne et acculturer les chefs d’exploitation aux ITK adaptés. Il y a un enjeu de revalorisation de la production de canne à sucre comme une culture rentable pour les producteurs qui s’engagent. - Planteur de canne professionnel, pluriactif à titre principal ou mono actif, sur une exploitation en polyculture ou polyculture élevage
En 2020, 40% des chefs d’exploitation sont des pluriactifs c’est-à-dire qu’ils cultivent de la canne en complément d’une activité principale autre (Agreste, 2023) ;
L’âge moyen du chef d’exploitation est de 53 ans (Agreste, 2023). L’enjeu de renouvellement des générations et de transmission des exploitations est crucial pour l’avenir et la pérennité de la filière. - Exploitation monoculture canne de minimum 20 ha
En 2020, la canne à sucre est principalement produite par des micros et des petites exploitations, elles représentent 98% de l’effectif (Agreste, 2023). La surface moyenne, d’une exploitation produisant de la canne à sucre en Guadeloupe est de 6,2 ha (Agreste, 2023) alors qu’à dire d’expert, la surface moyenne pour en faire son activité principale et en vivre serait de 20 ha. - Exploitant en GAEC ou propriétaire de son matériel agricole ou adhérent d’une CUMA.
94% des chefs d’exploitation externalisent la réalisation des travaux notamment « le chargement et le transport de la canne à sucre » et « la préparation et la minéralisation du sol ».
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Enjeu n°2 : Augmentation du tas de canne via des rendements et des surfaces en hausse
Pourquoi ?
La filière dans son ensemble souffre d’une taille critique non atteinte : les SICA, les opérateurs (ETA/CUMA), le CTCS, les producteurs de canne et les 2 sucreries doivent impérativement écraser leurs charges fixes avec des volumes plus conséquents.
Comment ?
- Remise en culture du foncier non exploité avec l’aide des parties prenantes (SAFER, Conseil Départemental, GFA, …) ;
D’après le rapport publié par Agreste en 2025 sur l’« Evolution du foncier agricole – L’érosion du foncier agricole se tasse au fil du temps », à partir de la base de données KaruCover, il a été observé une augmentation du foncier agricole non exploité. Cette catégorie de surface est évaluée à 5600 ha en 2022. La plupart des surfaces agricoles non-exploitées sont situées dans le Nord Grande-Terre et à Marie-Galante (Agreste, 2025).
Une terre agricole non exploitée est un espace temporairement abandonné dans un environnement agricole, des traces d’activités agricoles précédentes doivent pouvoir être identifiables (KaruCover). - Application des ITK : analyse de sol, amendements, replantations, gestion de l’enherbement, fertilisation, … ;
- Recours à l’irrigation
En 2020, seule 8% des parcelles étaient irriguées et ce principalement en Grande-Terre ;
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Enjeu n°3 : Valorisation des sucres et partage de la richesse
Pourquoi ?
85% des sucres de la Guadeloupe sont vendus à l’export, pour rester compétitifs face à des sucres provenant de grands pays producteurs, ces sucres doivent se différencier pour augmenter leur valeur ajoutée et en faire bénéficier la filière.
Comment ?
- Réorientation des productions de sucre vers des sucres spéciaux (sucre de consommation) ;
- Développement d’une filière canne - sucre bio ;
- Valorisation de l’unicité des sucres origine Guadeloupe (IGP)