Une maladie à prendre au sérieux
Sur les variétés sensibles, la rouille orangée fait généralement perdre entre 15 % et 40 % du rendement agricole. Elle affaiblit aussi les souches et réduit la durée de vie des repousses.
Aucun produit phytosanitaire n’est homologué contre cette maladie. La prévention et le choix des variétés sont donc les seuls moyens d’action.
Comment la reconnaître ?
Les symptômes apparaissent sur les deux faces des feuilles, surtout sur la face inférieure.
- Premiers signes : de petites taches allongées, jaunes à orange pâle, apparaissent sur la feuille.
- Stade avancé : les taches s’allongent le long des nervures (de 2 à 20 mm) et forment des pustules en relief, surtout sous la feuille.
- Poudre orange : les pustules éclatent et libèrent une fine poudre orange vif. Ce sont les spores du champignon, que le vent transporte vers le reste du champ et vers les parcelles voisines.
- Phase terminale : les lésions se rejoignent, le feuillage se dessèche prématurément et la plante perd une grande partie de sa capacité de photosynthèse.
Attention à la confusion avec la rouille brune. La rouille brune (Puccinia melanocephala) est déjà présente en Guadeloupe, mais elle cause peu de dégâts grâce à la résistance des variétés cultivées. La rouille orangée s’en distingue par des spores plus claires et des pustules souvent plus courtes, regroupées vers la base des feuilles. Elle se développe aussi davantage par temps chaud.
Quand et comment se propage-t-elle ?
Les cannes de 2 à 6 mois, en pleine croissance, sont les plus vulnérables. La maladie se déclare souvent en fin de cycle ou environ 80 jours après la coupe. Les pics d’infection surviennent aux changements de saison, quand de fortes pluies sont suivies de périodes chaudes.
Les spores se déplacent avec le vent, parfois sur de longues distances, avec les éclaboussures de pluie et avec le matériel agricole. Le champignon se maintient sur les repousses, les cannes sur pied et certaines graminées comme l’herbe à riz (Rottboellia cochinchinensis) et l’herbe de Guinée (Panicum maximum).
Quelles variétés replanter ?
Le CTCS recommande de ne pas planter les variétés R570 et R582. Voici la sensibilité des variétés évaluées à ce jour :
| Variété | Statut vis-à-vis de la rouille orangée |
|---|---|
| R585 | Résistante |
| R579 | Moyennement résistante |
| R570 | Moyennement sensible |
| R582 | Moyennement sensible |
Le statut des autres variétés, notamment des variétés B, sera communiqué prochainement.
Deux points importants :
- Une résistance n’est jamais définitive. Le champignon peut évoluer et finir par contourner la résistance d’une variété.
- Une variété résistante ou tolérante est peu ou pas touchée, mais elle peut quand même porter des spores et contaminer les variétés sensibles à proximité.
Les bons réflexes
- Plantez uniquement du matériel végétal sain issu du schéma de pépinières.
- Désinfectez vos outils de coupe chaque fois que vous changez de parcelle.
- Diversifiez vos variétés. Une seule variété sensible plantée sur plus de 30 % d’une exploitation ou d’une région augmente le risque d’épidémie.
- Combinez ces mesures : aucune ne suffit à elle seule.
En cas de doute
Si vous observez des symptômes suspects dans vos parcelles, contactez :
- le CTCS au 0590 82 94 70 ou par courriel à contact@ctcs-gp.fr
- la FREDON au 0590 41 68 40
Pour en savoir plus
Le bulletin d’information complet du CTCS est disponible au téléchargement :
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